Les IRC

Définition

L’insuffisance respiratoire chronique (IRC) est l’impossibilité pour le poumon d'assurer de façon satisfaisante l'oxigénation de l'organisme (perturbation chronique des gaz du sang). Elle se distingue en :

  • Une forme obstructive dont les principales causes sont la bronchite chronique, l’emphysème, l’asthme à dyspnée continue et la dilatation des bronches.
  • Une forme restrictive due à une déformation du thorax (scoliose, obésité…), une atteinte pleurale ou une atteinte du tissu pulmonaire.

Les signes communs à toutes les formes sont une dyspnée et une cyanose d’importance variable. Les gaz du sang montrent une hypoxie (PaO2 < 60 mmHg) avec ou sans hypercapnie (PaCO2 > 49 mmHg).
Le diagnostic est confirmé par les épreuves fonctionnelles respiratoires.
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une des maladies majeures de la forme obstructive provoquant une IRC. Elle se définit comme une maladie chronique et lentement progressive caractérisée par une diminution non complètement réversible des débits aériens. Sauf précision contraire, la terminologie de BPCO admet implicitement une origine tabagique (voir le site de La Société de Pneumologie de Langue Française - SPLF).
Le niveau de sévérité est fonction du VEMS:

Courbe VEMS

Ces symptômes constituent la maladie primaire. La chronicité de la BPCO entraîne une aggravation de la maladie primaire et une apparition de maladies secondaires en particulier à cause du déconditionnement :

 

spirale du déconditionnement

Epidémiologie

La prévalence

Dans le monde, la BPCO est en augmentation constante depuis 20 ans avec plus de 44 millions de malades, soit 4 à 10% de la population adulte.
En France, 3.5 millions de personnes (soit 6 à 8% de la population adulte) sont atteintes de BPCO.

La mortalité

Dans le monde, la mortalité par BPCO devrait doubler en 2020 par rapport à 1990 et devenir la 3ème cause de mortalité (après les cardiopathies ischémiques et les maladies cérébro-vasculaires).
En France, la mortalité augmente régulièrement depuis 20 ans, avec 16 000 décès par an.

La population atteinte

La BPCO atteint les adultes de plus de 45 ans et augmente de fréquence avec l’âge.
Les hommes sont plus atteints que les femmes (sexe ratio 0.6). Cependant, dans les pays industrialisés, la proportion de femmes atteintes augmente, notamment en raison de l’augmentation du tabagisme féminin et d’une susceptibilité plus grande à la maladie.

La prévention de la BPCO est encore insuffisamment développée

La BPCO est encore mal connue du grand public : lors d’une étude faite par téléphone auprès de la population française, seuls 8% des personnes interrogées connaissaient le terme de BPCO. Les facteurs de risque, notamment le tabac sont également mal connus.
Malgré l’efficacité démontrée du sevrage tabagique sur l’amélioration ou la stabilisation de la fonction respiratoire, quelque soit le stade de sévérité de la BPCO, la mobilisation face au tabac reste encore insuffisante (Site santé.gouv.fr tabac)

Plus des 2/3 des malades ne sont pas diagnostiqués ou le sont tardivement au stade du handicap respiratoire.

En effet, la BPCO est une maladie insidieuse, se manifestant, à ses débuts, par une toux et une expectoration matinale, volontiers négligées par le malade car considérées comme les conséquences « normales » du tabac.

Facteurs de risque

Les pathologies respiratoires qui provoquent une insuffisance respiratoire n’ont pas toutes la même étiologie et donc pas les mêmes facteurs de risques.
Dans ce chapitre concernant les facteurs de risques, nous allons surtout détailler ceux relevant de la BPCO.

Les facteurs de risque généraux peuvent être d’ordre exogène et/ou endogène. Le facteur endogène le plus connu est une déficience rare et héréditaire en alpha1-antitripsyne (α 1-AT). Le facteur de risque exogène connu est le tabac (surtout dans les pays développés). A ce facteur de risque principal détaillé dans le paragraphe suivant, s’ajoute l’exposition professionnelle à la poussière, ou à des produits chimiques (vapeurs, fumées, irritants), et les pollutions urbaines et domestiques. La maladie provient très souvent d’une interaction entre les facteurs endogènes et exogènes.

Facteurs de risque exogène :

Facteurs de risque endogène :

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