L’insuffisance respiratoire chronique (IRC) est l’impossibilité pour le poumon d'assurer de façon satisfaisante l'oxigénation de l'organisme (perturbation chronique des gaz du sang). Elle se distingue en :
Les signes communs à toutes les formes sont une dyspnée et
une cyanose d’importance variable. Les gaz du sang montrent une hypoxie
(PaO2 < 60 mmHg) avec ou sans hypercapnie (PaCO2 > 49 mmHg).
Le diagnostic est confirmé par les épreuves fonctionnelles
respiratoires.
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une des maladies
majeures de la forme obstructive provoquant une IRC. Elle se définit
comme une maladie chronique et lentement progressive caractérisée
par une diminution non complètement réversible des débits
aériens. Sauf précision contraire, la terminologie de BPCO
admet implicitement une origine tabagique (voir le site de La Société de
Pneumologie de Langue Française - SPLF).
Le niveau de sévérité est fonction du VEMS:

Ces symptômes constituent la maladie primaire. La chronicité de la BPCO entraîne une aggravation de la maladie primaire et une apparition de maladies secondaires en particulier à cause du déconditionnement :
Dans le monde, la BPCO est en augmentation constante depuis 20 ans avec plus
de 44 millions de malades, soit 4 à 10% de la population adulte.
En France, 3.5 millions de personnes (soit 6 à 8% de la population adulte)
sont atteintes de BPCO.
Dans le monde, la mortalité par BPCO devrait doubler en 2020 par rapport à 1990
et devenir la 3ème cause de mortalité (après les cardiopathies
ischémiques et les maladies cérébro-vasculaires).
En France, la mortalité augmente régulièrement depuis 20
ans, avec 16 000 décès par an.
Plus des 2/3 des malades ne sont pas diagnostiqués ou le sont tardivement au stade du handicap respiratoire.
En effet, la BPCO est une maladie insidieuse, se manifestant, à ses débuts, par une toux et une expectoration matinale, volontiers négligées par le malade car considérées comme les conséquences « normales » du tabac.
Les pathologies respiratoires qui provoquent une insuffisance respiratoire
n’ont pas toutes la même étiologie et donc pas les mêmes
facteurs de risques.
Dans ce chapitre concernant les facteurs de risques, nous allons surtout détailler
ceux relevant de la BPCO.
Les facteurs de risque généraux peuvent être d’ordre exogène et/ou endogène. Le facteur endogène le plus connu est une déficience rare et héréditaire en alpha1-antitripsyne (α 1-AT). Le facteur de risque exogène connu est le tabac (surtout dans les pays développés). A ce facteur de risque principal détaillé dans le paragraphe suivant, s’ajoute l’exposition professionnelle à la poussière, ou à des produits chimiques (vapeurs, fumées, irritants), et les pollutions urbaines et domestiques. La maladie provient très souvent d’une interaction entre les facteurs endogènes et exogènes.